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Communiqué de presse de l’asbl 321 logements (Hôtel Tagawa)
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Thématique : « Echange d’expériences locales et européennes. Quelles revendications et quelles formes d’action pour un droit au logement effectif en Europe ? »
Avec la participation exceptionnelle de :
· Jacques Beres, ("Les enfants de Don Quichotte", Paris – Tentes le long du canal Saint-Martin).
· Paul trigalet (Solidarités nouvelles de Charleroi – Tentes le long de la Sambre)
· Geert De Pauw (Président du Rassemblement Bruxellois pour le Droit à l'Habitat - RBDH)
· Bart Dewin (asbl bij ons/chez nous - action Boulevard de Waterloo)
· Raphaël El-Ghraibi (Syndicat des locataires – action Boulevard de Waterloo)
· Thomas Dawance et Saïd Deraoui (asbl 321 logements – Hôtel Tagawa)
2. Les habitants du Tagawa obtiennent un délai de deux mois pour quitter les lieux.
Les habitants de l’ancien Hôtel Tagawa respirent un peu. Ils ont réussi à repousser de deux mois leur expulsion initialement annoncée pour le 31 janvier 2007, c’est-à -dire le jour du 4ième anniversaire de leur occupation. L’arrangement en cours de formalisation avec le propriétaire est le suivant :
Le propriétaire ne réclamera pas les 18591,23 euros que l’asbl a été condamnée à débourser à trois conditions :
· le départ effectif de l’ensemble des habitants au 31 mars au plus tard,
· l’engagement des occupants de décharger le propriétaire de sa responsabilité pour le temps d’occupation restant,
· l’engagement de l’asbl à ne pas faire appel à la décision de justice, ni aux habitants de faire tierce opposition.
Les 35 habitants de l’hôtel Tagawa sont soulagés que la société anonyme propriétaire de l’hôtel s’engage à respecter la trêve hivernale que la justice de paix, expéditive, leur a refusé. De même, ils sont soulagés que la société propriétaire, à la tête d’une fortune colossale, ait décidé de ne réclamer à l’asbl « 321 logements » la somme due, insignifiante pour la société propriétaire, mais insurmontable pour l’asbl.
Ce rabiot est soulageant pour les habitants car il facilitera leur déménagement mais il n’est pas en soit satisfaisant. En effet, il a été obtenu sous la pression d’une décision défavorable de la justice et sans le moindre soutien des autorités communales pourtant sollicitées par les habitants pour appuyer leur demande de maintien dans les lieux jusqu’à l’annonce par le propriétaire d’un quelconque projet pour l’hôtel.Â
Nous regrettons que les autorités communales n’aient pas encore émis un signale fort en faveur du maintien de ce projet social et innovant d’occupation. Cette absence de réaction peut sûrement en partie s’expliquer par une indisponibilité liée à la mise en place de la nouvelle équipe communale. Cependant, à trop traîner, il ne restera bientôt plus aux autorités qu’à gérer les nuisances que généreront immanquablement l’inoccupation prolongée et/ou les occupations clandestines de l’immeuble voué à rester inoccupé pour encore plusieurs mois, sinon années.
3. La Ministre du Logement répond à l’urgence par des dérogations expresses.
Interpellée au parlement deux jours après la conférence de presse du 17 janvier 2007 annonçant notre expulsion imminente, la Ministre du Logement, Madame Dupuis a réagi sans délai. En effet, elle s’est engagée personnellement à reloger dans des logements du foyer laekenois et anderlechtois les trois familles nombreuses en attente de logement social habitant l’hôtel. C’est ce qu’elle a déclaré en réponse aux deux questions d’actualité posées par les députés Céline Frémault (cdH) et Yaron Peztat (Ecolo) quant aux solutions qu’elle comptait apporter à la situation dramatique des habitants et quant aux raisons du refus par la SLRB de la proposition de l’asbl « 321 logements » de rénover et de mettre à disposition transitoirement aux familles expulsées des logements sociaux vides du Foyer Ixellois (cfr. revue de presse octobre 2006). Nous remercions sincèrement la Ministre de ce geste en faveur de ces familles en détresse. Cependant, nous espérons qu’à l’avenir des formules innovantes de rénovation et d’affectation transitoire de l’important parc public vide pourront être développées et même encouragées.
4. D’autres solutions prévues dans les deux mois pour reloger les autres habitants et préserver leur projet de cohésion sociale.Â
Soucieux d’assurer le relogement des quelques 20 habitants restant de l’hôtel, notre association a également entrepris des démarches auprès du CPAS de Bruxelles. Nous lui avons proposé une solution collective de relogement dans des logements vides de son patrimoine. Il a refusé cette proposition. Celui-ci n’a d’ailleurs fait aucune autre proposition concrète aux habitants.
Dans ce contexte, nous regrettons sincèrement l’impossibilité d’ouvrir le débat sur l’utilité et l’utilisation du parc public vide (le CPAS prétend n’avoir aucun logement vide à sa disposition, ce qui est contredit par les faits). Aucune transparence n’existe sur ce phénomène de logements publics vides ni au niveau régional, ni aux niveaux communaux… secret de polichinelle !
Au lendemain du constat d’échec de la participation des habitants des logements sociaux dans les élections des COCOLOS (moins de 11%), et alors que les autorités prônent tout azimut la cohésion sociale, nous regrettons également que les autorités ne puissent marquer leur soutien en faveur d’initiatives tels que celles de l’occupation de l’hôtel Tagawa ou de relogement coopératif et conventionnés dans des immeubles publics vides.
Alors que partout les sans-abris et les mal-logés se réunissent pour porter leur voix (Enfants de Don Quichotte, tentes à Charleroi, …), nous ne manquerons pas de nous unir pour dégager de nouvelles solutions collectives.
Contacts :
Thomas Dawance (Président de l’asbl) : 0475.39.79.22 (francophone)
Philippe Claudel (Secrétaire de l’asbl) : 0485.94.98.93 (francophone)
Saïd Deraoui : 0485.88.77.74 (francophone)
Veerle Eggermont : 0472.39.89.01 (néerlandophone)